Quelques réflexions autour de la discipline positive...

l'Education positive, conférence octobre 2016

Quelques notes prises lors de la conférence-débat

organisée par la PEEP Versailles le 1er octobre dernier

animée par Mme Clotilde Bacqué

 

Qu’est-ce que la discipline positive?

La discipline positive est une démarche éducative.

Le principe de la discipline positive passe avant tout par « insuffler de la force et du courage » car un enfant fait mieux lorsqu’il se sent mieux.

La discipline positive repose sur 3 principes de base :

  1. La fermeté
  2. La Bienveillance
  3. L’encouragement

La fermeté, c’est de poser le cadre. Le cadre est nécessaire et rassurant. La fermeté est indispensable quand il y a danger.

La bienveillance s’est d’accepter les émotions de l’enfant. Partir du principe que chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est.

L’encouragement C’est un levier de motivation et ça favorise le changement.

Vraie corrélation entre les compétences sociales et la réussite.

Alfred Adler fin du 19e siècle, puis R. Dreikurs modélise la pensée

Il y a une quarantaine d’années, Nelsen et Lott ont traduit les pensées d’Adler de façon pragmatique en créant des ateliers pour les parents et pour les enseignants.

 

Sur quels principes la discipline positive se fonde-t-elle?

L’être humain est un être social : il pense, il ressent, il décide.

Pour se sentir bien dans un groupe social, on a besoin de satisfaire un sentiment d’appartenance et de contribution. Pour se sentir appartenir à un groupe et s’y sentir important,  il faut contribuer d’une manière ou d’une autre.

À chaque fois que l’on a un problème avec nos enfants, on peut le saisir comme une opportunité d’apprentissage.

S’appuyer sur ses points forts pour qu’il puisse se sentir appartenir au groupe, à la famille.

Nous mettons en place dans l’enfance des comportements qui ont pour objectif d’appartenir et de nous sentir important.  A partir d’une expérience, nous avons un ressenti qui provoque une croyance qui va induire notre comportement. Il s’agit du cycle adlérien. Lorsque nos enfants ont un comportement inapproprié, nous pouvons essayer d’interroger quelle est la croyance et le besoin qui se cache derrière ce comportement. Il faut bien comprendre que tout comportement a un objectif positif. Un exemple : l’enfant vient d’avoir un petit frère (ou une petite sœur), il s’aperçoit que les parents ne sont plus autant attentionné à son égard. Si sa croyance est qu’il faut être petit pour capter l’attention de ses parents, l’enfant va redevenir petit, en faisant pipi au lit, en demandant des biberons,….

L’encouragement qui aide au changement

Les comportements que l’on a adulte ont été déterminés lorsque nous étions très petits.

Il faut agir sur la croyance, faire vivre des expériences différentes.

Le premier mode d’apprentissage, le plus naturel, est l’imitation.

Donc attention à la dissonance! Quel est le message que reçoivent nos enfants lorsque notre discours et nos actes sont dissonants?

 

Daniel Siegel : le cerveau dans la main.

Comment fonctionne le cerveau?

https://www.youtube.com/watch?v=chQW3XUIiDI  en français Nadine Gaudin

https://www.youtube.com/watch?v=vESKrzvgA40 en anglais Daniel Siegel

Lorsque les émotions ne sont pas gérées, c’est comme s’il n’y avait plus de connexion entre le cerveau reptilien et les neurones moteurs. Les fonctions exécutives du cerveau sont matures vers l’âge de 25 ans.

 

Quand on « pète les plombs », qu’est-ce qui nous fait du bien?

Parmi les outils de la discipline positive,  les 3 « R »  peuvent nous permettre de renouer la relation avec nos enfants :

Les « 3R » de la réparation sont : Reconnaître, Réconcilier, Résoudre

« Hier, je n’ai pas été la prof que j’aurais voulu être » : reconnaître sa part de responsabilité pour pouvoir se réconcilier et trouver la solution ensemble.

Comme on a besoin d’inspirer et d’expirer pour respirer, on a besoin de fermeté et de bienveillance pour éduquer nos enfants et leur transmettre les compétences psycho-sociales pour qu’ils grandissent.

Dans une famille appliquant la discipline positive, on est respecté et respectueux les uns des autres.

 

Les objectifs de la discipline positive

La discipline positive vise à ce que les enfants acquièrent : le sens des responsabilités, une autodiscipline, une coopération, une ouverture d’esprit, la maîtrise de soi, l’autonomie,…

 

L’intérêt de l’encouragement

Les compliments : le référent externe félicite, on parle du passé.

L’encouragement met l’accent sur le chemin parcouru et à parcourir, on parle de l’avenir.

L’encouragement met en capacité de progresser.

Il existe 3 types d’encouragement :

  1. L’encouragement descriptif : prend acte, je remarque – on a du mal à faire des remarques positives
  2. L’encouragement  appréciatif : ça a été apprécié !
  3. L’encouragement de mise en capacité « tu es capable de le faire en s’appuyant sur une réussite précédente »

J. Nelsen dit qu’un enfant qui a un comportement inapproprié est un enfant découragé, il ne sait pas faire. Comment peut-on l’aider?

 

La punition n’est pas une solution

La punition engendre la revanche, la rébellion, le retrait, le ressentiment.

Il faudrait pouvoir se débarrasser du formatage qui nous pousse à croire que dans toute situation de conflit, il y a un gagnant et un perdant. Parfois, on peut être tous gagnants!

On peut envisager 3 types d’alternatives à la punition

  1. Les conséquences naturelles – ce n’est en général pas facile pour nous de les laisser « prendre le mur » afin qu’ils apprennent de ses leurs erreurs.
  2. Les conséquences logiques
  3. La recherche de solutions en coopération – nous sommes ensemble dans la même barque, nous ne nous positionnons  pas contre eux.

 

Le temps d’échanges en famille

La Discipline Positive encourage à faire des temps d’échange en famille de façon hebdomadaire.

Le temps d’échange en famille se déroule en trois étapes :

  1. Tour de remerciements ou appréciations
  2. Recherche de solutions
  3. Projet familial

On peut commencer quelques semaines en faisant juste la première étape.

 

Les outils de la discipline positive

  • Le temps de pause
  • Communication respectueuse
  • Les 3 R responsabilité, réconcilier, résoudre
  • Être modèle des compétences que l’on veut transmettre
  • Les questions de curiosité : écouter sans jugement et sans résoudre
  • Comprendre les besoins de l’enfant (bienveillance)
  • établir des limites (fermeté)
  • Passer des accords plutôt que fixer les règles
  • Différence entre complimenter et encourager
  • Impliquer l’enfant dans un esprit de coopération
  • Construire à partir des forces
  • Rechercher de solutions (opportunité de faire mieux ou différemment)
  • Voir dans les incidents, les erreurs, les conflits, des opportunités d’apprentissage
  • Se centrer sur la progression plutôt que le résultat
  • Prendre le temps de l’apprentissage